Une décision controversée concernant l’affichage politique dans un immeuble genevois
À Genève, un différend oppose des locataires d’un immeuble à leur régie, Moser & Vernet, au sujet du retrait de drapeaux palestiniens affichés à leurs fenêtres. Selon Le Matin Dimanche, la régie a envoyé en janvier un courrier aux locataires leur enjoignant de retirer ces drapeaux dans un délai de dix jours. La régie justifie cette décision par la volonté de préserver l’esthétique de la façade de l’immeuble, précisant qu’il est « interdit de nuire au bon aspect de l’immeuble en exposant aux fenêtres et aux balcons du linge, de la literie ou tout autre objet ».
Pour un locataire, cette instruction va au-delà de l’entretien esthétique, étant perçue comme une forme de censure politique. Il dénonce une atteinte à l’expression politique, en particulier concernant le symbole palestinien. La régie, quant à elle, affirme que sa démarche est neutre, visant à appliquer la même règle à tous, indépendamment des objets suspendus. La légalité de cette mesure reste floue, car si la législation genevoise évoque l’importance de l’esthétique des façades, elle ne précise pas explicitement la possibilité d’interdire certains symboles ou objets à des fins politiques. La situation soulève donc la question du cadre légal applicable à l’expression politique dans l’espace privé visible depuis l’extérieur, tout en mettant en lumière la tension entre liberté d’expression et réglementation architecturale.