Une tempête médiatique autour de Séverine Chavrier à Genève
La directrice de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier, se trouve au cœur d’une controverse suite à la publication de deux enquêtes dans la presse suisse, notamment dans La Tribune de Genève et 24 Heures. Accusée par plusieurs membres de l’équipe de comportement toxique et pervers, discrimination, ainsi que de pratiques managériales problématiques, elle dément catégoriquement ces allégations, qualifiant la situation de « cabale ». Elle réfute également les reproches liés à ses méthodes de gestion et à ses choix artistiques, en insistant sur le fait que ses œuvres parlent d’elles-mêmes et qu’elle n’a aucune volonté de mépriser ses collègues ou le théâtre régional.
Les médias suisses relèvent notamment l’emploi d’un acronyme jugé offensant (« PPSDM ») qui aurait été employé par Chavrier pour désigner des petites productions suisses, alimentant ainsi les accusations de mépris envers le théâtre local. La controverse dépasse également la question des relations internes, touchant aux finances du théâtre. Selon les détracteurs, la directrice aurait engagé des dépenses excessives pour certains projets, notamment le spectacle « Absalon », dont le coût avancé serait supérieur à la réalité selon ses propres démen …
Elle affirme que ce budget est mal compris et que le spectacle a été cofinancé par plusieurs institutions européennes, avec un coût total d’environ 486 800 euros, somme conforme à d’autres productions. Par ailleurs, certains lui reprochent d’avoir monopolisé les salles de répétition pendant quarante jours pour sa nouvelle création, « Occupations », qu’elle parvient à relativiser en précisant que l’utilisation du temps de répétition est limitée et que l’ensemble des artistes invités bénéficie d’un délai adéquat pour travailler.
De son côté, Séverine Chavrier dénonce une ambiance de haine et une misogynie, notamment en lien avec ses recrutements, qu’elle explique par la suspicion autour de ses origines françaises, renforcée par la perception qu’elle aurait suscitée dans une région où elle a grandi. La réponse de la directrice s’inscrit dans un contexte où la moitié de l’équipe a été renouvelée depuis son arrivée en 2023, après le départ de ses prédécesseurs. Malgré ces tensions, elle revendique un bilan positif avec 55 000 spectateurs par an et un taux d’occupation de 89 %.
Alors que le débat fait rage, Séverine Chavrier indique avoir besoin de temps pour réfléchir et ne ferme pas la porte à d’éventuelles poursuites judiciaires. La situation à la Comédie de Genève soulève des questions sur la gestion des institutions culturelles et l’équilibre entre exigence artistique et respect du personnel, dans un contexte où la réputation de la metteuse en scène est fortement mise à l’épreuve.