À Genève, une pièce rend hommage aux combattantes russes de la Seconde Guerre mondiale

À Genève, une pièce rend hommage aux combattantes russes de la Seconde Guerre mondiale

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Une représentation poignante à la Comédie de Genève

Jusqu’à vendredi soir, la Comédie de Genève accueille une pièce de théâtre remarquable mettant en lumière le courage des femmes soviétiques ayant combattu durant la Seconde Guerre mondiale. Cette création, signée Julie Deliquet, donne vie à des témoignages puissants à travers une mise en scène où la parole semble s’inventer dans l’instant, permettant au public d’accéder à l’émotion brute de ces combattantes oubliées.

Une revisite historique et poétique

Inspirée par l’œuvre de Svetlana Alexievitch, qui en 1985 a publié La guerre n’a pas un visage de femme, cette pièce transpose en scène des entretiens effectués dans les années 1970 en Russie. La journaliste biélorusse y avait réparé une injustice en racontant, à travers 500 témoignages, la souffrance de ces femmes martyrisées dans leur chair et leur esprit, souvent confrontées à la honte et à la culpabilité à leur retour du front. La mise en scène de Deliquet permet ainsi de faire voyager ces récits dans un espace théâtral intense, soulignant l’importance de ces voix trop longtemps négligées.

Une démarche sensible et engagée

Ce spectacle témoigne d’une volonté de rendre hommage à une mobilisation aussi colossale que spontanée, avec près d’un million de femmes ayant rejoint l’effort de guerre dès 1941. La représentation souligne la double peine endurée par ces militantes : leur engagement face à l’ennemi nazi, et ensuite la stigmatisation dont elles furent victimes en revenant, souvent rejetées par la société. La mise en scène de Julie Deliquet, portée par dix comédiennes, invite à une réflexion sur l’oubli historique et la nécessité de rendre justice à ces héroïnes silenciées.

Ce théâtre engagé est une occasion rare de revisiter cette partie méconnue de l’histoire soviétique, tout en touchant profondément le public par la puissance émotionnelle des témoignages. La pièce offre une plongée dans une réalité rarement portée sur scène, permettant de mieux comprendre la complexité de cette participation féminine à la guerre et le combat pour la reconnaissance qu’elle a longtemps nécessité.