Genève : La session décisive pour un traité mondial ambitieux contre la pollution plastique

Genève : La session décisive pour un traité mondial ambitieux contre la pollution plastique

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Une session cruciale à Genève

Du 5 au 14 août 2025, Genève accueille la dernière session de négociations internationales (CIN-5.2) visant à adopter le premier traité mondial ambitieux contre la pollution plastique. Après l’échec des discussions menées à Busan, en Corée du Sud, en décembre, ce rendez-vous diplomatique est perçu comme une ultime chance pour définir un accord global contre ce fléau environnemental.

Enjeux majeurs et oppositions

Avec 175 pays parties prenantes, les débats sont tendus notamment autour de l’article 6 concernant la « production durable » ou la réduction de la production de plastiques neufs. Deux blocs s’opposent violemment : la « High Ambition Coalition », composée notamment de la France, de l’Union européenne, du Canada et de l’Australie, qui réclame un traité couvrant tout le cycle de vie des plastiques, et le groupe des pays « like-minded », dont font partie des gros producteurs de pétrole et plastiques comme l’Iran, l’Arabie Saoudite ou la Russie, qui veulent un traité plus limité centré uniquement sur la gestion des déchets.

Des négociations complexes et stratégiques

Le projet de texte de l’Équatorien Luis Vaya Valdivieso, président des débats, recense plus de 300 points de désaccord. Les tactiques d’obstruction de gros producteurs compliquent la progression du texte, repoussant certains sujets fondamentaux comme la définition du plastique ou le périmètre du mandat. Ces blocages risquent d’affaiblir les ambitions initiales défendues par la High Ambition Coalition.

Les débats autour des produits chimiques et du recyclage

Outre la production, les discussions incluent la liste des produits chimiques « problématiques », tels que les PFAS, phtalates et bisphénols, pour renforcer la lutte contre la pollution. Cette question est également source de divisions.

Quant au recyclage, l’article 5 prévoit de meilleures normes pour la conception des plastiques, la fin des plastiques à usage unique et une amélioration des circuits de recyclage, mais les ONG dénoncent un texte encore trop permissif sur certaines pratiques comme l’incinération ou le recyclage chimique.

Un traité en balance entre ambition et compromis

La question du financement, via des mécanismes de responsabilité élargie du producteur, est également au cœur des discussions. Dans un contexte géopolitique et commercial tendu, la France espère un « traité conclusif », mais certains pays producteurs pourraient s’opposer à des mesures ambitieuses.

Des ONG alertent sur le risque d’un traité sans ambitions réelles, qualifié de « sans tripes et sans âme ». La possibilité d’un vote majoritaire pour faire avancer le texte, malgré l’opposition de certains pays, est envisagée mais reste controversée.

Une urgence planétaire

Le défi est immense : la production mondiale de déchets plastiques pourrait augmenter de 50% d’ici 2040, et la consommation par habitant atteint 114 kg par an en Europe, 220 kg aux États-Unis, avec moins de 10% des déchets recyclés. La pollution plastique menace désormais tous les écosystèmes et la santé humaine, avec des micro- et nanoplastiques pénétrant dans les organes humains.

Les négociations à Genève représentent donc une fenêtre décisive pour que la communauté internationale adopte un cadre ambitieux et réel pour diminuer drastiquement la production et la pollution plastique, en dépit des tensions et des intérêts divergents.

Source : TF1 INFO