Genève : un think tank plaide pour une organisation mondiale de la route face aux enjeux globaux

Genève : un think tank plaide pour une organisation mondiale de la route face aux enjeux globaux

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Une initiative pour harmoniser le secteur routier mondial

En réponse aux défis croissants liés à la sécurité routière et à l’impact environnemental, un think tank basé à Genève, l’International Road Institute (IRI), a publié en janvier 2026 un rapport appelant à la création d’une Organisation Internationale de la Route (IRO). Cette proposition vise à doter le secteur du transport routier, crucial pour l’économie mondiale, d’une structure de gouvernance intergouvernementale, conformément à ce qui existe déjà pour l’aérien, le maritime ou le ferroviaire, selon l’actualité relayée par La Gazette du Var et Les Petites Affiches du Var.

Chaque année, plus d’un million de personnes meurent sur les routes du monde et entre 20 et 50 millions sont blessées. Outre le coût humain, le transport routier est responsable de 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soulignant l’urgence d’une coordination internationale. Le rapport insiste sur le vide institutionnel actuel, car contrairement à l’aviation ou le maritime, le secteur routier reste fragmenté, sans réelle organisation mondiale dédiée. Cette absence freine l’harmonisation des réglementations et la diffusion de meilleures pratiques pour améliorer sécurité et durabilité environnementale.

Un projet déjà évoqué depuis deux décennies

Le rapport de l’IRI complète une étude de 2016 par la Commission Économique et Sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique, qui soulignait la nécessité de créer une telle organisation. L’idée n’est pas nouvelle : des tentatives ont été menées par la CEE-ONU, notamment pour élargir le rôle de son comité des transports, sans succès jusqu’à présent. Plus récemment, en octobre 2023, la Turquie a officiellement proposé de lancer une initiative pour établir cette Organisation Internationale de la Route, en collaboration avec d’autres organismes internationaux.

Une vocation complémentaire plutôt que concurrente

Il est important de préciser que cette nouvelle organisation ne vise pas à remplacer les acteurs existants, tels que l’Organisation mondiale de la santé qui intervient sur la sécurité routière mais sur les questions sanitaires uniquement. L’IRO aurait pour mission de couvrir un spectre plus large : réglementation, normes techniques, infrastructures, systèmes de transport intelligents et transition vers une mobilité durable. Alexandre Giraud, expert du secteur, souligne que cette plateforme pourrait renforcer la coopération technique globale et contribuer à sauver des millions de vies, tout en facilitant la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.