Secte et excommunication : le couvent de Santa Clara de Belorado expulsé, une affaire qui résonne jusqu’à Genève

Secte et excommunication : le couvent de Santa Clara de Belorado expulsé, une affaire qui résonne jusqu’à Genève

Table of Contents

Toggle

Un couvent historique en proie à une controverse religieuse majeure

En Espagne, un événement rare et très médiatisé secoue le monde religieux et interpelle jusqu’à Genève, ville connue pour sa diplomatie et ses engagements internationaux. Le tribunal de Briviesca, dans le nord de l’Espagne, a ordonné l’expulsion de neuf nonnes clarisses excommuniées par le Vatican, qui occupaient le couvent historique de Santa Clara de Belorado, à 50 kilomètres de Burgos.

Une rupture doctrinale et un bras de fer juridique

Ces religieuses, suite à des désaccords profonds avec l’Église catholique, avaient annoncé en mai 2024 leur rupture avec le Vatican. Leur opposition porte notamment sur des questions doctrinales ainsi qu’un litige immobilier concernant l’acquisition d’un autre couvent au Pays basque. Ce conflit s’est terminé par leur excommunication quelques semaines après une tentative d’intermédiation, une décision confirmée par l’archevêque de Burgos qui leur a ordonné de quitter Santa Clara.

Refusant de partir, elles ont contesté la demande, affirmant que le couvent leur appartenait légalement, position invalidée par le tribunal qui a reconnu la propriété exclusive de l’Église. Le tribunal a précisé que si elles n’évacuent pas volontiers, une expulsion forcée serait organisée.

Une secte controversée à l’origine de la sanction

Le président de cette communauté s’est placé sous l’autorité d’un prêtre excommunié, Pablo de Rojas Sánchez-Franco, fondateur d’un courant appelé le sédévacantisme, qui refuse la légitimité des papes depuis Pie XII, jugeant ces derniers comme hérétiques. Cette affiliation a provoqué la rupture avec l’Église officielle et a servi de fondement à leur excommunication.

Implications et résonances à Genève

Bien que cet incident se déroule en Espagne, il suscite un intérêt à Genève, où se concentrent des institutions liées à la paix, aux droits de l’homme et au dialogue interreligieux. L’affaire illustre les tensions actuelles dans certaines branches du christianisme et soulève des questions sur la liberté religieuse et la gestion des propriétés ecclésiastiques.

La décision du tribunal espagnol marque une étape juridique importante et pourrait servir de précédent pour d’autres conflits similaires au sein de l’Église à travers le monde.

Source : 24 Heures, AFP